Pour remplir le bar de votre hôtel, commencez par faire savoir au quartier qu'il peut y entrer

Noémie Boiton
07/10/2026

Le commerçant d'en face passe devant votre hôtel matin et soir, en ouvrant sa boutique et en rentrant chez lui. Il n'a jamais poussé votre porte. Ce n'est pas qu'il déteste boire un verre en sortant du travail, c'est qu'il n'a jamais imaginé que le bar du rez-de-chaussée était aussi pour lui.

Voilà le vrai problème du bar d'hôtel, et vous ne le réglerez ni avec la carte ni avec la déco. Le lieu est ouvert, il reste des places, quelqu'un tient le comptoir, et le quartier croit ce bar réservé aux gens qui dorment à l'étage.

Partez de ce constat avant de chercher des idées pour remplir le bar de votre hôtel. Tant que le quartier croit que votre bar lui est fermé, vous ferez vos plus belles soirées devant les seuls clients qui ont déjà leur chambre. Vous pouvez faire tomber ce malentendu avec trois choses, en vous y mettant cette semaine sans rien acheter : montrer que le lieu existe, apprendre à votre équipe quoi en dire, et donner une raison d'entrer.

Regardez votre façade comme le passant la voit

Depuis le trottoir, le passant ne comprend qu'une chose : c'est un hôtel. L'enseigne porte le nom de l'établissement, rarement celui du bar, et quelqu'un qui ne cherche pas une chambre n'a aucune raison de ralentir devant. Votre bar est bien là une fois la porte poussée. Dehors, rien ne le montre.

Prenez la carte du bar et affichez-la près de la porte, les prix avec. Un passant qui ne voit aucun prix suppose un tarif d'hôtel, et il n'entrera pas vérifier. Il repart avec cette idée en tête, et vous n'en saurez rien.

Regardez ensuite l'entrée. Quelqu'un qui hésite y voit d'abord une porte fermée, puis un sas, un grand tapis et une réception plantée droit dans l'axe, et devant chacun de ces détails, il se dit que le lieu est privé. Dans un commerce, on entre sans rien demander à personne, alors que votre hall oblige à s'annoncer. Vous n'allez pas déplacer la réception. C'est votre équipe, par sa façon d'accueillir, qui rattrapera ces détails.

La nuit tombée, il ne vous reste que la lumière pour faire signe. Un passant qui ne pousse pas la porte n'a qu'un moyen de savoir si votre bar est ouvert, et c'est de le voir allumé depuis la rue. Affichez aussi les horaires du bar, rarement visibles, et qui ne sont pas ceux de la réception.

Reste le plus simple : donnez un nom à votre bar. « On se retrouve au bar de l'hôtel », ça ne marche pas au téléphone, personne ne sait de quel hôtel on parle. Un nom, si. Un habitant peut le citer, et le répéter à quelqu'un d'autre. Admettons que votre voisin pousse la porte. La première personne qu'il croise décide de la suite.

Dites à votre équipe quoi répondre à quelqu'un qui entre sans bagage

La réception accueille cet inconnu avant le bar, et tout dépend de la première phrase qu'on lui adresse. « Vous avez une réservation ? » le remet dehors sans que personne l'ait voulu. Dites-lui « Le bar est ouvert, installez-vous où vous voulez », et il reste.

Un visiteur sans valise, votre équipe le repère au premier coup d'œil. Et sans y penser, elle le traite comme une arrivée, parce que c'est ce qu'elle fait toute la journée, et l'inconnu sent qu'il n'était pas attendu.

Faites le test ce soir avec votre réceptionniste. Demandez-lui, comme un passant le ferait au comptoir, si on peut prendre un verre ici sans être client de l'hôtel. S'il hésite une seconde, votre voisin hésitera aussi. Votre réceptionniste ne peut pas deviner, personne ne lui a jamais donné la consigne.

Ça se règle en une phrase, et elle ne coûte rien ! Écrivez-la, donnez-la à l'équipe du soir, collez-la derrière le comptoir. Elle dit que le bar est ouvert à tout le monde, elle indique où installer le visiteur et qui prend sa commande. Votre porte est ouverte et votre équipe le dit. Il manque encore de quoi faire traverser la rue.

Donnez à vos voisins une raison de traverser la rue

Personne n'entre juste parce que la porte est ouverte. Pour remplir le bar de votre hôtel, il vous faut donc une troisième chose, une raison de venir ce soir précisément, et cette raison doit tenir dans une phrase que vos voisins se répètent d'un voisin à l'autre.

Les gens les plus faciles à attirer habitent et travaillent dans votre rue. Ils tiennent une boutique, occupent un bureau ou rentrent chez eux trois numéros plus loin, et ils viendraient à pied, sans réserver et sans y avoir pensé la veille. Les salariés des entreprises voisines sortent en fin de journée, les habitants le soir et en fin de semaine. Tous passent devant chez vous sans entrer.

Peu d'hôteliers ont serré la main du commerçant d'à côté, leur voisin le plus proche. Une visite avec la carte du bar à la main, le temps de dire que le bar est ouvert à tout le monde, vaut mieux qu'un budget de communication que vous n'avez pas.

Cette raison, c'est un rendez-vous qui revient. Ensuite, affichez ce rendez-vous dehors, en grand, là où vos voisins passent déjà. Ce qu'il ne lit pas sur votre façade, le passant ne le saura jamais. Le jour de ce rendez-vous, vous le dites au commerçant d'à côté comme aux gens déjà installés au bar, et c'est ce jour-là qu'ils retiendront et répéteront autour d'eux. Quand ce rendez-vous revient chaque semaine, il finit par appartenir au quartier autant qu'à vous.

Cette raison d'entrer, vous pouvez la créer vous-même, et beaucoup d'hôteliers s'en sortent comme ça. L'autre option, c'est d'installer chez vous quelque chose qui crée cette raison chaque semaine, sans que vous ayez rien à inventer.

Installez dans votre bar un jeu qu'on rejoint en cours de route

Nous sommes Amusoire, et nous vendons aux établissements une solution de jeu par abonnement, facturé à l'année ou au mois, ce que nous appelons une licence. Trois jeux se partagent un seul écran : un blind test, un quiz, un karaoké. Le premier règle pile ce problème-là, puisqu'on y entre sans rien demander à personne.

Votre voisin pousse la porte au milieu d'une manche. Il n'a rien à demander à personne, pas de nom à donner, pas d'équipe à rejoindre : on rejoint le blind test en cours de route, et c'est exactement sa situation. Votre voisin scanne un QR code et joue depuis son téléphone. Il répond en parlant, téléphone en main, et c'est son propre appareil qui reconnaît sa voix et dit qui a été le plus rapide. Le classement s'affiche à l'écran, en équipes ou chacun pour soi. Le catalogue compte 10 000 titres et 100 playlists, de 1960 à aujourd'hui.

Depuis le hall, votre réceptionniste entend la salle chanter d'une seule voix, parce qu'à la bonne réponse le jeu relance le morceau à l'endroit dont tout le monde se souvient. Votre voisin l'entendra du trottoir avant de savoir ce que c'est !

Le quiz prend le relais les soirs où personne n'a envie de chanter. Cinq cents questions et plus, d'un auteur de Burger Quiz. On répond en parlant ou en cochant sur son téléphone. C'est le format des gens du bureau d'à côté, qui passent une heure en sortant du travail.

Le karaoké fait rester ceux qui hésitent à partir, avec plus de 45 000 chansons et plusieurs langues, utile le soir où vous avez au comptoir des voisins et des clients venus d'ailleurs. Une fonction s'appelle la roulette, elle tire au sort qui chante.

Votre réceptionniste ou votre barman lance la partie depuis une tablette, sans rien avoir appris avant, et le service continue pendant que la partie tourne, la tablette posée au bout du comptoir. L'installation se fait une fois pour toutes, en quinze minutes, sans tirer de câble. Vous fournissez l'écran et la tablette, et pour le reste, demandez-nous.

Que le joueur vienne de l'étage ou du coin de la rue, l'abonnement coûte le même prix. Une partie accepte cent joueurs et plus, et le nombre ne change rien à la facture non plus. Un voisin qui entre pour la première fois, puis qui prend l'habitude de revenir, ne vous coûte pas un euro de plus qu'un client de la chambre du dessus. Comptez 159 € par mois pour la formule Open, celle qui réunit ces trois jeux, en facturation annuelle, ou 179 € en facturation mensuelle. L'engagement est de vingt-quatre mois, que vous choisissiez l'une ou l'autre.

Des hôtels ont déjà franchi ce pas. L'Ibis Nice parle d'« une hausse de notre chiffre d'affaires bar de 20 % depuis l'installation ». Plus de 700 établissements, dont des hôtels, ont installé la solution, et nous détaillons ce que ça change dans un hôtel.

Qui passe devant votre porte en fin de journée ? Vous avez la réponse, et une conversation vaut mieux qu'une brochure. Racontez-nous votre rue sur le formulaire de contact d'Amusoire, on part de là.

Bar d'hôtel et clientèle du quartier : les questions des hôteliers

Le bar de notre hôtel doit-il porter un nom à lui ?

Rien ne vous y oblige. Si vous en choisissez un, prenez-le court, facile à prononcer au téléphone, et rattaché à quelque chose que le quartier connaît déjà, le nom de la rue, un détail du bâtiment, une histoire du lieu. Testez-le à voix haute avant de le peindre sur la façade.

Faut-il une entrée séparée sur la rue pour que le quartier vienne au bar ?

Non. Une entrée directe aide, mais des bars d'hôtel sans porte sur la rue font venir du monde quand même. Ce qui pèse le plus, c'est ce que le passant voit depuis le trottoir et la façon dont la réception l'accueille.

Que répond la réception à quelqu'un qui entre sans avoir de chambre ?

Après la phrase d'accueil, la réception lui montre la salle ou l'y accompagne, puis elle prévient le bar qu'un visiteur vient d'arriver, pour qu'on aille vers lui sans qu'il ait à se signaler. Elle ne lui demande ni nom, ni numéro de chambre, ni réservation, et elle ne lui fait rien remplir.

Faut-il afficher la carte et les prix du bar à l'extérieur ?

Oui. Placez la carte à hauteur d'yeux, tout près de la porte, et vérifiez qu'elle reste lisible le soir, à l'heure où le passant a le plus de chances de s'arrêter. Mettez les prix en premier, avant les descriptions, c'est ce qu'il cherche du regard.

Les clients qui dorment sur place vont-ils être dérangés par une clientèle du quartier ?

Une salle animée gêne rarement plus qu'une salle vide, et vos clients de l'étage descendent plus volontiers là où il se passe quelque chose. Pour les soirées animées, surveillez le volume et éloignez le bruit des premières chambres. Souvent, une porte fermée suffit.

À quoi voit-on que le quartier a commencé à entrer ?

Des visages inconnus qui reviennent, des gens qui arrivent à pied et sans valise, des groupes qui se retrouvent chez vous plutôt qu'ailleurs, quelqu'un qui commande au bar sans passer par la réception. Vous n'aurez rien à compter, votre réceptionniste vous le racontera le lendemain matin.

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