Le challenge en EHPAD, réunir vos résidents dans une même animation

Noémie Boiton
07/10/2026

Vous installez les fauteuils en arc de cercle avant l'atelier de l'après-midi, et vous savez déjà comment ça va se dérouler. Deux ou trois résidents porteront l'activité, quelques-uns suivront, et une partie de la salle restera là sans y prendre part. L'écart entre les résidents est la situation ordinaire, et votre programme fait avec chaque semaine.

Selon la DREES (enquête EHPA 2023), 44 % des résidents d'EHPAD souffrent de la maladie d'Alzheimer ou d'une maladie apparentée, et seuls 13 % d'entre eux sont accueillis dans une unité spécifique. La salle commune accueille donc tout le monde. À côté du tri par autonomie, qui a toute sa place dans un programme, existe une autre piste, celle d'une activité unique que toute la salle suit ensemble, et où les écarts ne se voient pas.

Pourquoi la salle commune ne sera jamais homogène

La composition d'une salle d'EHPAD ne se lisse pas, parce que l'établissement accueille en même temps des personnes âgées aux profils très écartés. Selon la DREES, 94,6 % des résidents sont en perte d'autonomie (GIR 1 à 4), et 55 % en forte perte d'autonomie (GIR 1 ou 2). Le degré varie donc d'un fauteuil à l'autre dans la même pièce.

Cette salle est aussi le premier cercle social de la plupart des personnes accueillies, puisque 85 % des résidents n'ont pas de conjoint selon la DREES. La vie sociale se joue donc là, dans les activités du programme, et le lien avec les autres se noue à ces moments-là. D'où le poids de chaque atelier posé au planning, même le plus modeste.

Face à cette composition, le réflexe du métier consiste à proposer des activités adaptées à chaque groupe, une pour un petit nombre, une autre pour le reste de la salle. Ce tri fonctionne et reste indispensable sur une partie du programme. Il coûte simplement ce qu'il coûte : deux animations à préparer, deux créneaux, une équipe courte pour tenir les deux.

À quoi ressemble une activité où l'écart ne se voit pas

Une activité qui réunit une salle se reconnaît d'abord à ce qu'elle ne demande pas. Tout ce qui repose sur une performance individuelle fait apparaître l'écart, et tout ce qui se vit au même instant dans toute la pièce l'efface. C'est le premier filtre quand vous cherchez un support pour la salle entière.

La recommandation de bonnes pratiques de l'ANESM sur la qualité de vie et la vie sociale des résidents en Ehpad, publiée par la Haute Autorité de santé en décembre 2011, propose trois questions à se poser pour chaque résident. « Reste-t-il simple observateur ? Participe-t-il de façon passive (commentaires) ? De façon active ? » Les trois niveaux comptent comme de la participation. Un après-midi où la moitié des participants regarde sans rien dire n'est donc pas un échec, du moment que l'activité reste suivable depuis chaque place et n'oblige personne à s'exprimer.

Elle pose aussi le cadre de ce qu'on attend d'une animation. « L'amélioration de l'état de santé liée à ces activités est un élément important dans l'accompagnement de chaque résident mais il n'est pas l'objectif principal des activités d'animation. » Ce que vise l'animation, c'est le groupe, et le texte le dit dans la foulée. « Au-delà du plaisir des personnes, les animations en groupe (restreint ou large) permettent aux participants d'exercer ou de développer des rôles vis-à-vis des autres. » Celui qui donne la réponse, celui qui reprend le refrain, celui qui compte les points : chacun tient un rôle sans être au même niveau que son voisin.

La musique réunit la salle, le répertoire demande de l'attention

La musique est le support qui passe ce filtre le plus facilement. Elle réunit sans consigne à retenir, sans geste à réussir et sans tour de jeu à suivre. Tout le monde entend la même chanson au même instant, et c'est déjà l'essentiel du travail.

Reste le répertoire, et c'est là que ça se complique. Selon la DREES (enquête EHPA 2023), la moitié des résidents ont plus de 87 ans et 11 mois, donc l'autre moitié est plus jeune. Une salle d'EHPAD couvre plusieurs générations de goûts, et un même passage ne parlera pas de la même façon d'un bout à l'autre de la pièce.

La même recommandation reprend une lettre écrite en 2001 par une résidente de 76 ans, adressée aux artistes qui se produisent en maison de retraite. Elle y dit ceci. « les chansons du "bon vieux temps", croyez-moi, nous commençons à en avoir une indigestion ! Pensez-vous qu'à notre âge nous ne nous intéressons qu'à la Java bleue ou à Maurice Chevalier ? Ne serions-nous donc pas capable de nous enthousiasmer pour quelque chose de plus neuf ? » Son autrice n'était pas de la génération d'aujourd'hui, mais sa question revient à chaque programmation.

De notre côté, le catalogue du blind test commence en 1960, entre chanson française, rock, années 80 et répertoire bien plus récent. Pour la partie la plus âgée de la salle, les chansons de leurs vingt ans manquent, et il vaut mieux le savoir avant de bâtir une séance dessus. Avec 10 000 titres et 100 playlists, il reste de la marge pour composer autrement.

Une partie de blind test, vue depuis votre salle d'animation

Un morceau part sur l'écran de la salle, les participants doivent deviner le titre ou l'artiste, et la réponse se donne à voix haute dans le téléphone. La reconnaissance vocale tourne sur l'appareil de chaque joueur, qui parle dans le sien. Quand la bonne réponse tombe, le refrain du morceau se lance et la salle le reprend.

Le niveau de difficulté se choisit une fois, au lancement, pour toute la session. Chez vous, c'est le niveau le plus accessible qui convient, celui où les titres proposés sont les plus connus du catalogue. Il vaut pour la salle entière et ne se reprend pas joueur par joueur, ce qui évite de rouvrir la question du tri en pleine partie.

Le jeu se joue en équipes ou chacun pour soi, les deux modes existent. En équipes, c'est le score du groupe qui s'affiche, et personne ne se retrouve classé devant les autres. Trois ou quatre équipes composées selon les affinités suffisent à faire tourner un après-midi.

Ce qu'il faut dans la salle, et qui tient la tablette

Il faut un écran dans la pièce où vous réunissez les résidents, une tablette pour piloter, et les téléphones des joueurs. Comptez une quinzaine de minutes d'installation, sans formation. Si un écran est déjà en place, il pourrait convenir, mais le matériel reste à la charge de l'établissement et la configuration se vérifie avec nous.

Côté équipe, un animateur ou un membre du personnel lance la partie et la suit du début à la fin. C'est lui qui donne le rythme et répète une réponse à voix haute pour ceux qui sont au fond. Quelle que soit l'activité, la disposition des sièges et des tables pèse lourd, parce qu'elle doit tenir compte des difficultés auditives et visuelles, et le choix des places revient aux résidents pour respecter les affinités. Une bonne installation de salle fait plus pour la communication du groupe que n'importe quel réglage de matériel.

Les téléphones des résidents, la question à régler en amont

Tous les résidents n'ont pas de smartphone, et c'est la première objection qui tombe en réunion. Elle est légitime. On entre en scannant un QR code affiché dans la salle, et le nombre d'appareils à prévoir comme la composition des équipes se regardent au cas par cas, avec votre configuration réelle. C'est un point qui se règle en un échange avec nous, avant tout engagement, et nous ne vous vendrons pas une réponse toute faite là-dessus.

Le karaoké mène le collectif, le quiz mène le petit groupe

Le karaoké prend le relais quand vous cherchez un moment où la salle chante ensemble, avec des micros HF et un système son professionnel. Le catalogue dépasse 45 000 chansons dans plusieurs langues, ce qui pèse quand une partie des résidents et des familles ne chantent pas en français. Il tient bien les après-midis à effectif large, ceux où les familles passent en visite.

Le quiz, lui, marche mieux sur un petit groupe. Plus de 500 questions écrites par un auteur de Burger Quiz, une réponse donnée à la voix ou choisie en QCM, et trois catégories : Culture générale, Interro surprise et Génération Internet. Autant le dire franchement, les deux dernières ne tomberont pas juste partout. La culture générale, elle, se joue très bien à six ou huit autour d'une table.

Ce que ça coûte, et à quoi ça se compare

La formule Open est celle qui correspond à un EHPAD. 159 € par mois en facturation annuelle, 179 € en facturation mensuelle, avec un engagement de 24 mois, sessions et joueurs illimités. Les mises à jour du catalogue sont incluses, donc des playlists et des questions qui se renouvellent sans préparation de votre côté.

La comparaison utile porte sur la fréquence. L'intervention d'un professionnel extérieur se paie à chaque venue, et un intervenant qui passe une fois par mois passe douze fois dans l'année. Ces professionnels font un vrai travail que rien ne remplace. Un abonnement ne compte pas les séances, et une équipe qui remplit un planning hebdomadaire sait ce que ça change.

La solution est installée dans plus de 700 établissements et plus d'un million de personnes y ont joué. Ce sont surtout des lieux de sortie, et le seul vrai test reste votre salle, un après-midi de semaine.

Si vous voulez voir ce que ça donne dans votre établissement, écrivez-nous depuis notre page contact en décrivant votre salle, votre écran et la taille de vos groupes. Nous répondons avec ce qui se met en place chez vous, appareils compris, et les points qui restent à trancher ensemble.

Le pratique, question par question

Combien de résidents peut-on réunir dans une même animation ?

Il n'y a pas de nombre idéal, il y a un arbitrage. Un petit groupe facilite les relations, alors que certains rôles ne se développent qu'en groupe plus large, et c'est la diversité des tailles qui compte sur l'ensemble du programme. Côté solution, les sessions et les joueurs sont illimités en formule Open, donc c'est votre salle qui fixe la limite.

Comment gérer un résident qui veut partir avant la fin ?

En prévoyant quelqu'un pour ça dès le départ. Une deuxième personne présente pendant l'activité permet de raccompagner un résident avant la fin sans perturber le reste du groupe. Sur une partie d'une heure, c'est le point d'organisation qui demande le plus d'arbitrage, et il se prépare quand vous posez le créneau au planning.

Qui peut faire tourner une animation quand l'équipe d'animation est absente ?

Un membre du personnel présent ce jour-là, soignant ou non, à condition qu'il ait la main sur l'outil. L'ANESM parle de « la continuité des activités de vie sociale proposées même lors des absences de l'équipe d'animation », et c'est un vrai sujet les week-ends et pendant les congés. Une partie se lance depuis une tablette sans formation, ce qui élargit le nombre de personnes capables de la tenir.

Quelle animation proposer sans matériel ni budget particulier ?

Le chant, la lecture à voix haute, les jeux de mots ou les échanges autour de photos ne demandent que du temps d'équipe, et personne n'y a de résultat à produire. Le vrai coût de ces ateliers est celui de la préparation, qui retombe chaque semaine sur la même personne. C'est là que se pose la question d'un support qu'on n'a pas à réinventer chaque semaine.

Peut-on refaire la même animation chaque semaine sans lasser ?

Oui, à condition que le contenu change. Avec 10 000 titres et 100 playlists, deux séances de blind test d'affilée n'ont pas la même sélection, et les mises à jour du catalogue sont incluses dans l'abonnement. Le format reste identique d'une semaine à l'autre, et un rendez-vous fixe au planning finit par s'installer tout seul.

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